Traitement de l’hémangiome infantile par Beta bloquants en Algérie

{{ Math.ceil(time['minutes']) }} min read / 0 Commentaires / 36 Vues / Publié le 2019-04-16

Introduction

L’hémangiome infantile HI est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente chez le nourrisson de moins de 1 an qu’elle touche dans 5 à 10% des cas.  L’HI croit pendant une période moyenne  08 à 10 mois  puis régresse lentement spontanément en 4 à 5 ans. Plusieurs études épidémiologiques ont déterminé les facteurs de risque de survenue de l’HI chez les nourrissons, il s’agit des situations qui favorisent le stress hypoxique : tel l’accouchement dystocique, les grossesses multiples et les pics hypertensifs durant la grossesse. Dans 15 à 20 % des HI un traitement est nécessaire en raison du risque vital ou d’une entrave fonctionnelle. Le traitement de première intention était la corticothérapie systémique à 3 mg/kg/j. D’autres traitements étaient également employés, l’interféron, la vincristine, la chirurgie et l’imiquimod. Ils ont tous été supplantés par un nouveau traitement le propranolol à raison de 3 mg/kg/j. La découverte de Mme LABREZE, dermatologue au CHU Bordeaux, faisant la preuve de l’efficacité des beta bloquants dans le traitement des hémangiomes infantiles a définitivement révolutionné leur prise en charge. Nous rapportons le profil et la prise en charge des HI dans notre pays par béta bloquants sur une période de 11 ans.

 

Objectifs

Décrire une série d’HI dans le cadre d’une étude prospective multicentrique concernant une période de 1 an d’avril 2013 à Avril 014, et tous les services de Dermatologie et de Pédiatries des CHU de tout le territoire national. Cette étude nous a permis de dégager les principaux paramètres épidémiologiques de l’HI ainsi que de dégager les facteurs à l’origine du stress hypoxique chez nos nourrissons.

Rapporter des situations vécues au cours de la prise en charge de ces nourrissons pendant 11 ans pour illustrer les principales difficultés de leur prise en charge.

 

Résultats et analyse

Sur une période de 1 an nous avons colligé 558 cas de nourrissons porteurs d’HI avec un sex ratio de 0,336 et 24, 7% des naissances en hiver. Le rang de la fratrie retrouvait 42,7% des enfants premiers de leur fratrie. La cosanguinité parentale était retrouvée dans 16, 53% des nourrissons. L’âge moyen des mères à la naissance de l’enfant était de 30,6 ans +/- 6,10. L’âge moyen du père à la naissance de l’enfant était de 36,7 +/- 6,45. Le niveau d’instruction des parents était surtout du niveau secondaire. Dans les antécédents médicaux des 2 parents nous retrouvons en première position l’asthme avec 26,14 % pour les mères et 21,21 % pour les pères. Le déroulement de la grossesse : 68% des mères déclaraient avoir contracté une maladie durant la grossesse. Il s’agissait par ordre décroissant de l’anémie 47,7%, l’HTA 13,68%, les infections génitales 5,51%, et l’asthme 3,9%. Concernant les prises médicamenteuses durant la grossesse, on retrouvait : le fer+la vitamine B9 54%, l’aspirine 14%, l’Aldomet 4,9%, les antibiotiques 4,7%, le Loxen 2,72%. La ponction amniotique a été retrouvée dans un seul cas, à la recherche d’une bétathalassémie pour cause de cas dans la fratrie, le fœtus s’est révélé hétérozygote. Il présentait 2 HI au cuir chevelu et à la face.  Nous avons observé 38 grossesses gémellaires et 5 grossesses triplés. Ce qui représentait 6,74% et 0,84% de l’ensemble des grossesses respectivement. Or la prévalence habituelle des grossesses gémellaires est de l’ordre de 2% (série CHU BEDJAIA). Les enfants porteurs d’HI issus de grossesses multiples sont tous nés en deuxième ou en troisième position. Ce sont donc des enfants qui sont restés en attente avant de respirer. La proportion des grossesses avec accouchement prématuré était de 13,26%, or la prévalence habituelle est de l’ordre de 7,4% (série CHU Tlemcen). Les césariennes représentaient 29,7% or la prévalence habituelle est de 8 à 15%. L’hypertension artérielle et la souffrance fœtale avec liquide amniotique teinté étaient les deux 1éres causes de césarienne avec 13,8% et 11,4%  respectivement. Le poids moyen à la naissance était de 3,17 kg ce qui correspond aux normes mais le pourcentage des petits poids de naissance (<2,5kg) était de 13 ,7 or l’étude MICS avait retenu  6,7% de nouveau nés de moins de 2,5 kg. La réanimation à la naissance était nécessaire pour 20,2 % des nouveaux nés et la première cause était le syndrome de détresse respiratoire. Les malformations congénitales associées aux HI étaient observées dans 18,17% des cas. Les malformations cardiaques 27,4% venaient en première position puis les malformations du squelette 18,6%. Les enfants porteurs d’HI multiples représentaient 16,6% des cas. La répartition selon le type d’HI était de (tubéreux 61,93%, mixte 24,11%, sous cutané 12,06%). Les HI segmentaires représentaient 6,6% des cas. L’ulcération était la complication la plus fréquente et concernait 21,57% des HI. La topographie la plus fréquente était la tête avec 51,9% des cas. La bosse pariétale venait en première position des topographies céphaliques. Nous avons colligé 8 cas porteurs d’HI hépatiques et 3 cas d’HI laryngés. Parmi ces derniers, un enfant avait une hypothyroïdie en rapport avec la production par l’HI hépatique d’une enzyme destructrice des hormones thyroïdiennes. Il a nécessité en plus du traitement par bétabloquant d’associer une hormonothérapie substitutive. Dans notre série 96% des enfants ont été traités : 91% ont reçu des collyres bétabloquant en topique et 57% des bétabloquants par voie orale à raison de 3mg/kg/j. L’âge du traitement se situait entre 1 et 9 mois pour 71% des patients. La topographie des HI traités était dans 41% des cas au niveau périorbitaire. L’indication d’un traitement systémique par bétabloquant était posée dans 39% des cas pour engagement du pronostic fonctionnel, 28% pour l’esthétique, 13% pour gros volume, 11% pour ulcération, 1% pour le pronostic vital, 1 ?8% pour cause de régression lente, 2,5% pour état psychique troublé chez la mère. Nous avons observé 0,5% des cas de résistance aux bétabloquants.  

 

Conclusion

En Algérie, l’HI concerne un nourrisson le plus souvent de sexe féminin avec un plus grand risque de naissance prématurée, de grossesse multiples. Avec plus de grossesses menacées, plus de césariennes, plus de réanimations à la naissance et plus de malformations cardiaques. Le traitement par bétabloquants a été préconisé surtout en cas de topographie périorbitaire. Le traitement était efficace et bien toléré.

AUTEUR

pr aicha salhi

Société Algérienne de Dermatologie Pédiatrique

centre international de conférences,club des pins , 2019-03-14 jusqu'a 2019-03-15

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